Une activité professionnelle débordante suivie de quelques vacances que j’ose imaginer méritées m’ont
conduit à délaisser un peu mon blog ces derniers temps et ainsi, mes quelques lectures récentes ne feront pas l’objet d’une chronique en ce lieu… Je reprends donc mon entreprise avec un certain
hiatus et les auteurs dont les œuvres ont occupé mes vacances voudront bien me pardonner de ne pas leur consacrer quelques lignes.
Ce week-end j’ai refermé l’épais « La Religion » de Tim Willocks…presque à regret tant la lecture de cet ouvrage se révéla un vrai moment de plaisir.
Je suis un passionné d’Histoire et pense posséder quelques solides connaissances en la matière aussi, si j’adore les romans historiques, il peut m’arriver d’être fort contrarié lorsque certains auteurs tordent un peu trop la vérité historique… Point de cela ici… Le siège de Maltes par les troupes de Soliman nous est compté avec une remarquable précision historique qui ne peut que provenir d’une remarquable érudition et de recherches sérieuses. J’ai particulièrement apprécié la parfaite description des forces en présences, avec d’un coté l’armée Turques et ses régiments bigarrés où se côtoient les « malgré-nous » des différentes nations asservies et de l’autre les Chevaliers de Saint-Jean Baptiste, les « fous de dieux » de la Chrétienté. L’auteur sait aussi particulièrement bien rendre le tournant de cette fin de 16ème siècle dans la stratégie militaire, tournant qui voit les vieux principes de la Chevalerie d’antan, déjà fort mis à mal au siècle précédent (Azincourt, Crécy..) disparaitre sous les coups de boutoirs du progrès de l’artillerie et des armes à feu.
Le héro est d’ailleurs l’illustration parfaite de cela lorsqu’à mainte reprise il préfère faire usage de son mousquet à distance convenable des combats plutôt que de se jeter dans l’atroce mêlée des corps à corps…
Et là aussi le roman excelle…Dans la description sans fard ni encorbellement de l’horreur des combats… Ici point d’héroïsme de pacotille, point de chants allégoriques à la gloire des héros… Mais un héroïsme humanisé et de circonstance, un héroïsme de souffrance, un héroïsme létale… Car au-delà du fanatisme religieux des deux camps, nous voyons aussi souffrir et périr le bas-peuple de Maltes...pour sa terre et la folie des autres, coincé qu’il se trouve entre le bras armé de l’Islam et le Bouclier de la Chrétienté…
Il n’y a absolument aucun parti pris dans le livre et aucune des deux forces en présence n’est présentée comme la tenante de la juste cause et cela aussi est appréciable à l’heure où ce type de livre pourrait se changer en une allégorie des dangers supposés d’un Islam conquérant.
La vérité historique est donc largement respectée et le contexte fort bien rendu…mais cela ne doit pas cacher une intrigue, certes classique mais bien construite et surtout une galerie de personnages au relief certain… Tous on leur part d’ombre et de lumière, le héro comme sont opposant principal…les personnages principaux comme les secondaires…
On pourrait certes trouver que l’importance accordée à la psychologie des personnages résonne parfois comme un anachronisme puisqu’emprunte d’une certaine modernité, mais cela ne nuit ni à l’intrigue ni à son ancrage dans l’histoire tout en y apportant une plus grande fluidité.
En conclusion, je dirais qu’à ce jour, ce livre est sans conteste un de mes plus grand plaisirs de lecteur de l’année 2009 et que, quelques jours après l’avoir refermé, il conserve une certaine présence. Un grand roman à n’en point douter.
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